- L’enfant ne commencera à parler que plus tard parce qu’il sera submergé
Si l’on part de l’idée qu’un enfant normalement développé n’est pas capable d’apprendre deux langues en même temps, on peut s’attendre à ce que les enfants bilingues ne commencent à parler que plus tard par rapport aux monolingues. Toutefois, plusieurs études réalisées par des chercheurs dans le domaine (K. Oller en 1997 | F. Genesee et L.A. Petitto) ont démontré qu’un enfant apprenant deux langues différentes prononcent ses premiers mots en même temps qu’un enfant monologue. De plus, ils commencent à combiner les mots en même temps, soit entre 1 an et demi et 2 ans.
Autrement dit, ces recherches prouvent que tous les enfants ont des capacités d’assimilation linguistiques élevées, et que l’apprentissage simultané de deux langues n’a aucun impact négatif, leur développement n’est pas ralenti et ils connaissent autant de mots que les enfants monolingues.
- Apprendre deux langues en même temps perturbe l’esprit
Certains parents ont peur que leur enfant s’embrouille l’esprit. Les études de Maneva et Genesee en 2002 ont toutefois prouvé qu’un enfant bilingue est en mesure de passer immédiatement d’une langue à l’autre dès lors qu’un adulte lui indique qu’il ne comprend pas ses propos.
Une étude complémentaire de Genesee a également démontré que les enfants bilingues ne changent pas de langue autant que l’on peut le penser, au cours d’une même conversation (code mixing). En effet, cette pratique n’arrive que très rarement (3% du temps en moyenne) vers l’âge de 2 ans. Ces résultats ont été confirmées plus tard par d’autres études.
Par ailleurs, autrement perçue d’un œil critique, cette pratique est aujourd’hui considérée comme normale et naturelle chez les personnes parlant plusieurs langues. Dans une entreprise internationale comme Babbel, les gens passent constamment d’une langue à l’autre, sans pour autant avoir l’air perdus ou submergés.
- Si un enfant a des difficultés scolaires, une deuxième langue ne fera que lui compliquer la tache
Il est normal d’avoir peur de submerger un enfant déjà en difficulté scolaire. Mais cela ne signifie pas qu’il faille le sous-estimer pour autant.
En effet, les études de F. Genesee ont montré qu’un enfant scolarisé dans un circuit franco-anglais et présentant des difficultés n’est pas moins bon qu’un enfant ayant les mêmes difficultés scolarisé dans un circuit monolingue. Les premiers possèdent au contraire l’avantage d’avoir un meilleur niveau en anglais, et leur niveau de compréhension orale dans leur deuxième langue est même comparable à celui d’enfants qui ne présentent aucune difficulté d’apprentissage.